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日志


6月29日

Le grand départ

Jour 16 : Direction l'aéroport international de Keflavik. Je suis complètement lessivé par deux semaines de road-trip, quelques treks et des nuits de folies. Vite que je m'assoies dans l'avion et que je dorme !

Raté, je tombe évidemment sur le seul siège de l'avion qui est cassé et qui ne peut pas s'incliner.

Arrivé à Paris, choc thermique. Il fait encore une canicule comme il y a deux ans (eet où je m'étais aussi réfugié en Islande) et l'ambiance est super moite. Je retrouve aussi la nuit. Drôle d'impression, moi qui ai pris l'habitude de ne pas dormir la nuit en Islande d'une part parce qu'il fait jour, d'autre part parce que mon père ronfle comme un éléphant de mer... me voilà devenu insomniaque.

Dur retour à la réalité

La piscine magique

Jour 15 :  Et voilà ! Toute bonne chose a une fin; c'est déjà mon dernier jour en Islande. Je me suis tellement habitué à ce coin de paradis que c'est promis, dè que je gagne assez de pognon, j'achète un studio à Reykjavik pour en faire ma garçonnière... euh, mon point de chute sur la terre des elfes.

Je suis complètement claqué par ma nuit de folie. J'ai vraiment la gueule dans le paté et c'est avec nostalgie que je rassemble mes effets personnels pour compléter mes valises. J'ai horreur de faire ça. Mais chassons le chagrin, il me reste encore une soirée à combler. Demain, je dois libérer la chambre avant midi, heure à laquelle je me dirigerai vers l'aéroport. Ca me laisse encore le temps de faire des folies d'autant plus que ce soir une soirée spéciale pour nous les hommes est organisée au Kaffi Raykjavik.

Mais tout d'abord, tel Ulysse échoué sur une terre inconnue, je vais me ressourcer dans une piscine de la capitale. Là c'est drôle car aujourdh'ui il fait particulièrment froid. Donc comme les piscines sont à l'extérieur, il faut courrir en maillot de bain entre les vestiaires et l'eau. C'est avec mon ami islandais Þórvaldur (prononcez zzzzhhhhorvaldeurrrrrrr, Valdi pour les intimes) que je partagerai ce plaisir. Valdi, c'est une charpente de drakkar, autrement dit un viking pur souche, deux mètres de haut, bien barraqué, très blond, les yeux bleus et plein d'autres avantages que seuls ceux qui étaient avec nous sous les douches de la piscine ont pu constater (ou ailleurs aussi mais ça c'est censuré). Allez on sors des vestiaires et on serre très fort les fesses car même si on se les gèle, il faut faire comme si on était des durs à cuire qui ne craignent pas la moindre brise. On serre aussi les dents en un sourire crispé, on marche vite, les mollets tendus jusqu'au bords de la crampe, il ne faut pas courrir, ça peut glisser. Soulagement : on atteint la piscine, eau froide, quelques longueurs nous réchauffent à peine. On sors de l'eau, les gouttes font du 4x4 sur les muscles de Valdi, chez moi c'est plutôt sur mes côtes. On saute dans un hot-pot bien chaud, on papote dans le sauna et on alterne comme à l'habitude. La piscine où j'ai mes habitudes s'appelle Vesturbæjarsundlaug (prononcez Vesturbinyarsungleuygue).

Enfin, je dois me préparer pour ce soir. Grande soirée à l'islandaise, ce qui signifie que 50% de la musique qu'on va entendre ce soir proviendra de l'Eurovision, toutes années confondues. Autant me mettre psychologiquement dans le bain tout de suite : je me remate la finale du concours européen de la chanson que j'ai en DVD (oui j'avoue mais c'est pas pour moi que je l'ai acheté). "France one point, La France un point." "Former Yugoslavian Republic of Macedonia two points, L'ex-république yougoslave de Macédoine deux points"

Grand bien m'en a pris. J'avais raison. La musique à la soirée était bien quétaine (kitsch) mais les fans sont toujours là. Je ne vous refait pas l'inventaire de tous les amis que j'ai revu là-bas, y'en aurait pour toute la soirée. Mais qui vois-je ? Le cubain de l'auter soir ! Coool ! Il fonce me rejoindre sur la piste de danse et leur réputation de danseur est plus que justifié. Lui aussi à le rythme dans la peau. Bien, on ne sera pas resté très longtemps à la soirée (j'ai un timing très serré). A 6h du mat', il me raccompagne à mon hôtel. Je devais encore rejoindre Valdi à 8h , mais je ne suis pas Superman et mes forces me font défaut. Le monde est mal fait. C'est mon oreiller que je vais plutôt rejoindre pour à peine quelques heures de sommeil.
6月25日

Chaude soirée au 101 Reykjavík

Jour 14 : Mon masochisme intellectuel me pousse à franchir les portes de la Galerie Nationale pour voir la suite de l’expo sur Dieter Roth. Les mêmes interrogations m’assaillent. Finalement, ce qui m’a le plus enthousiasmé, ce sont les portes métalliques sculptées du musée que j’aimerai bien avoir chez moi.

Il ne fait toujours pas beau mais partons à la campagne. J’ai décidé de retrouver un petit coin que seuls les islandais connaissent, et encore peu d’entre eux. C’est une rivière d’eau chaude dans laquelle on peut se baigner près de Hveragerdi, à 45 minutes de la capitale. Arrivé là-bas, encore une heure de bonne randonnée montagnarde nous attend et enfin il faut trouver le bon endroit pour s’installer en trempant un doigt dans la rivière entre les béliers belliqueux qui s’y abreuvent. Si on est trop proche de la source, l’eau est bouillante, plus bas elle se mêle avec celle des glaciers et il faut un peu de patience pour trouver le bon mix qui fera que la température sera agréable. J’ai fini par trouver un endroit, allez en maillot de bain et plouf ! C’est trop bizarre comme sensation ! Surtout qu’il y a un tel courant qu’il est difficile de rester en place !

A refaire.

Ce soir c’est vendredi soir, c'est-à-dire, débauche et folies toute la nuit ! Ce que j’adore à Reykjavik, c’est qu’on ne finit jamais sa soirée avec ceux avec qui on l’a commencée !

Etape 1 : Café Segafredo avec mes amis Egill (from Iceland) et Simon (from Denmark). Ce qui est à la mode en ce moment apparemment chez les islandais, c’est de sortir avec des danois. Bref, un jour ce sera encore le tour des français patience. On se raconte nos vies depuis tout le temps qu’on ne s’est pas vus.

Etape 2 : Café Cosy, Egill (prononcer Eyétl) et moi rejoignons Sadik (from Turkey), Juan (From Spain et que je ne peux pas blairer), Isaac (from Norway) et Helgi (from Iceland) mais j’ai oublié de vous dire que depuis hier, il y a un bateau de croisière entièrement rempli de kids américains qui s’offrent pendant trois mois un tour du monde en paquebot pour fêter leurs exams. Vous imaginez de quelle couche sociale ils proviennent. Donc ils ont investi tous les lieus de la capitale (ils sont 500, ça ne passe pas inaperçu) et en profitent pour boire puisqu’ils n’ont pas l’âge légal au States pour se bourrer la gueule. C’est tellement pathétique à voir. Je me fais même draguer par une pintade de Philadelphie qui me sort « Oh mais j’adore Paris ! je n’y suis jamais allée mais ça me sonne tellement bien pour moi ». Super ma poule, laisse tomber.

Etape 3 : Court détour au Hresso. Personne en vue, ambiance pas top, demi-tour.

Etape 4 : Retour au Segafredo pour être solidaire avec Simon qui désespère de ne pas pouvoir fermer le café à cause de trois italiens avide de café bien de chez eux.

Etape 5 : Retour au Cosy, plus personne que je connais, ce lieu de perdition a été définitivement abandonné aux morveux.

Etape 6 : Coups de fil, je retrouve mes potes … au club d’amateurs de cuir. La seule backroom du pays. Je n’ai jamais mis les pieds dans ce genre d’endroit. Grande expérience en vue.

J’arrive, je ne trouve pas l’entrée, et pour cause, ce n’est pas indiqué. En fait, y’a une grosse grille (ça commence bien) dans la rue et puis faut sonner sur l’interphone pour qu’un cerbère vienne vous ouvrir. Il arrive donc, le mec gros crâne rasé façon La Boule dans Fort Boyard (celui qui s’occupe du gong). Il me fait entrer. Je le suis dans le fond d’une cour où une petite porte mène enfin au lieu infâme. Une toute petite salle peinte en noir éclairée par des bougies dans laquelle trône au milieu une cage. Dans un coin, un minibar dissimulé dans un cagibi. Je vous passe la description de la clientèle. Je ne descends pas non plus dans la darkroom, je n’ai rien à y faire. Je suis plus occupé à parler avec Magnus (un rugbyman from Denmark). AAAARGH, je ne suis pas seul sur le coup, en fait on est tous sur le coups. Bon ben ce sera Isaac qui aura tiré le gros lot. Ce qui est drôle, c’est que je retrouve là aussi des gens auxquels je ne m’attendais pas du tout. Ainsi, je revois Tarik (from Morocco) que je connais depuis déjà deux ans. Bien, maintenant que je connais tout le monde ici, et que j’ai épuisé toutes les possibilités du lieu (il n’y avait que Magnus de toutes façons), nous retournons tous ensemble (Magnus compris) au Cosy.

Etape 7 : Retour au Cosy. Les américains ont disparus, ouf ! Ils n’avaient ptet pas la permission de 2h, who knows ? Mais là c’est le drame en voulant faire ma blondasse en arrivant par derrière Magnus par surprise, je lui chatouille les côtes. Grave erreur, je n’avais pas vu qu’il avait son demi-litre de bière rempli à ras bord dans la main. Ce qui n’a pas manqué de se renverser sur son fut’ et celui d’Isaac. OUPS ! Si y’avait un trou dans le sol pour m’y cacher je m’y serai réfugié en deux secondes. Là je vois que j’ai perdu en une demi-seconde toutes mes chances de quoi que ce soit avec le beau rugbyman… même en essuyant la bière sur son pantalon (là où il faut), rien n’y fit. « Bon, ben je vous laisse moi ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait, je reconnais Hrafnkell (from Iceland) dans un coin avec des amis à lui, je papote vite fait quand rentrent Gabriel (from Iceland) et trois de ses amis Vikings. Il me dit qu’ils vont au club de cuirasse. Allez, j’en reviens, mais revivons ce grand moment.

Etape 8 : Grosse grille, cerbère, petite porte, bière. Même topo. Mais gens différents. Ô surprise ! Mes potes new yorkais super hypes sont là ! Youhouh ! Grosse soirée avec Damian, William and Steeve. Bien sûr, à chaque endroit je me fais payer des verres, vous croyez tout de même pas que je vais prendre une bière dans chaque bar quand elle est à 10 € le verre !

Enfin de l’action, Juan, le gars que je ne peux pas blairer, se prend la tête avec un français au style neo-facho. Ca aura été le paroxysme de la soirée. Puis je fais connaissance avec un thaï style Billy Crawford tout droit sorti de Californie ( from L.A. ) qui est danseur et qui a tourné des clips à Paris pour des groupes vietnamiens, vlà le programme !

Etape 9 : Trois Heures du mat’ passées. Je me rends avec mes trois New Yorkais préférés au Kaffi Barinn. C’est le bar dans lequel a été tourné le film 101 Reykjavik avec Victoria Abril (pour ceux qui ne l’ont pas encore vu, courez louer le dvd). C’est un des endroits les plus à la mode de la capitale la plus septentrionale du monde. Ce bar appartient à Damon Albarn, le chanteur de Blur. A l’intérieur, trop bonne ambiance, un Dj à l’âge et au look de José Bové sort un set hyper dansant et punchy. Nous dansons parmi les stars de la TV locale et la branchitude dévergondée de la baie des fumées.

Etape 10 : Mais il y a encore plus branché et underground. C’est le Sirkus. La bar le plus déjanté. C’est là que Björk vient mixer toutes les semaines quand elle est en Islande et qu’elle a tourné sont dernier clip « Triumph of a heart ». Evidemment, on est nombreux à vouloir y rentrer. Il est 4 heures du matin. On fait la queue en plein jour, comme si on attendait devant la boulangerie du coin. Mais le spectacle est aussi dehors. Prises de têtes, bastons, looks improbables, gens qui pissent en pleine rue, gens tellement bourrés, verres et bouteilles de bières qui voltigent dans tous les sens et sont mêmes parfois lancées depuis l’étage. Bref, y’a toujours quelques chose qui se passe. On attend une heure comme ça. Mais au moment où c’était notre tour de passer. Les américains, qui devaient être à l’aéroport à 5H30 pour prendre leur avion, laissent tomber l’affaire. Ils me laissent alors seul faire la queue. Tout n’est pas perdu. Qui vois-je ? Jeannot ! (from Marseille). Mon colocataire de l’année dernière, complètement torché mais toujours aussi sympa. Il semble être devenu en un an le frenchy le plus coté de la capitale des oufs’ depuis qu’il est le chef cuisinier du Kaffi Barinn (voir étape 9). Lui il n’a pas besoin de faire la queue, il grille tout le monde et rentre en claquant des doigts. Vous me connaissez, ni une ni deux, je m’incruste et me voilà enfin dans l’antre. Ici, les gens semblent tous évoluer dans des paradis artificiels et s’habiller aux puces de Montreuil. J’ai un peu de mal à rattraper le niveau, mais finit par kiffer le son et faire mon show habituel. Et là consécration, Jeannot lance à l’assemblée « Dominique est dans la place ! ». Bon je ne pense pas que les Islandais ont capté ce que ça voulait dire en français ; mais comme c’est Jeannot qui le dit alors tout le monde applaudit.

Etape 11 : je ressors vers 6h du Sirkus, problème, j’ai garé ma caisse à l’autre bout de la ville. C’est parti pour une promenade à pied puis en voiture en évitant dans les deux cas les bouts de verres éclatés qui jonchent le sol. Le spectacle est pitoyable, le gens complètement bourrés ne savent plus où ils habitent, hurlent, traînent par terre (l’alcool rend-il fakir ?). Bref, c’est la débandade du matin. Je retrouve ma Toyota et c’est parti pour une demi-heure pour trouver une place de parking. Fais chier.

Ce soir, c’est mon dernier soir en Islande, et je compte bien remettre le couvert !

Le quart d'heure culturel

Jour 13 : A priori, nous voilà partis voir les phoques sur la péninsule de Snaefellsnes, pas très motivés car la météo n’est pas des nôtres aujourd’hui. Pour s’y rendre, il est vivement conseillé de prendre le tunnel qui passe sous le fjord de la baleine, le contourner reviendrait à rajouter deux heures de parcours. Ce tunnel, long de 7 kilomètres et construit en 1998, passe à la manière du tunnel sous la Manche, sous l’eau du fjord. On se retrouve dans une obscurité angoissante et on s’enfonce très profondément à l’intérieur. Claustrophobes s’abstenir.

Dès qu’on en sort, on arrive à Akranes, ville de 5600 habitants où il n’y strictement rien d’intéressant. Demi-tour, ce ne sera pas aujourd’hui la grande aventure. Puisqu’il fait moche, ce sera journée culturelle et visites de musées à gogo. Je les ai déjà fait l’année dernière, et l’année d’avant, et l’année d’avant avant… mais les expos changent tout le temps, c’est un avantage. A Musée Kjarval, certaines œuvres d’art modernes me laissent circonspects, d’autres me donnent de bonnes idées de déco à refaire soi-même bien sûr (je ne vais tout de même pas acheter une œuvre d’art que je pourrai refaire chez moi) pour mon prochain appart’. Le musée d’art contemporain du port de Reykjavik est encore plus surprenant, il est en ce moment entièrement consacré à l’artiste allemand Dieter Roth. Ses installations allient génie et foutage de gueule. Où commence et où se termine l’art ? Certains travaux sont vraiment intéressants alors que d’autres me laissent vraiment perplexe. Accrocher un bout de carton sale à un mur ou poser des sacs en papier dans un coin est-elle l’œuvre d’une démarche artistique ou du hasard des ouvriers qui auraient oublié de remballer certaines affaires qui traînaient ? La question reste ouverte, peut-être était-ce ça l’effet voulu, interpeller les visiteurs sur ce que c’est que l’art, et bien c’est réussi.

Par contre il y a vraiment un domaine qu’il faudra qu’on m’explique parce que je n’adhère absolument pas. Je parle des vidéastes. J’adore l’art contemporain mais les vidéos, je trouve toujours ça ennuyeux et pénible. Les bandes sons sont souvent faites de bruits stridents inaudibles et les images bougent tellement dans tous les sens que ça me donne envie de vomir et de quitter la pièce au bout de 10 secondes. Néanmoins, même si je suis réfractaire à cette forme d’art, j’aimerai vraiment la comprendre. Filmer de l’herbe, son chat qui boit son lait ou prendre sa douche en soloscène sont des choses que je n’ai pas envie de voir. (En plus les images sont souvent à chier, genre cassettes vidéos envoyées au Vidéo Gag américain en 1985 à l’époque des premiers caméscopes.) Pourquoi infliger ces images inintéressantes aux visiteurs ?

Pas de baleines, c'est ballot

Jour 12 : Superbe temps ensoleillé. Idéal pour aller voir les baleines. 3 heures de bateau plus tard, on n’a rien vu à l’horizon. Remboursé ! Oui ce fût le cas, comme on voit des baleines a priori presque tout le temps, il est très rare qu’on sorte en mer sans en voir. Ben, j’ai pas eu de chance, alors nos billets sont toujours valables pour une prochaine croisière baleinière. M’enfin, si vous voulez être sûrs de voir des baleines en Islande, le meilleur moyen d’en trouver, c’est au restaurant… le steak de baleine est une spécialité locale.

Ce qui est drôle en Islande, c’est que je fais plein de choses que je ne fais jamais en France à savoir aller à la piscine. L’année dernière j’étais obligé d’y aller tous les jours étant donné que j’habitais dans un appartement sans douche, mais là c’est juste pour retrouver le mode de vie islandais. Le sport national en Islande à part le golf c’est la natation. Si pour certains cela consiste à faire des longueurs à rythme soutenu. Pour d’autres, c’est juste faire trempette dans un hot-pot à 40° et alterner avec le sauna. Ben, je suis plutôt de ceux-là. Et puis, c’est le meilleur moyen de faire des rencontres. Tiens tiens, comme par hasard, je rencontre mon prof d’islandais. Sauf que, au lieu d’être en Islande, je suis sensé être à Paris en train de passer mes exams à la fac’, mais lui est sensé y être aussi pour les faire passer à ses élèves ! Donc c’est un peu honteux qu’on se demande chacun : mais qu’est-ce que tu fous là ? Dans une ambiance décontractée, je négocie mes exams de septembre. Et puis, comme je vous l’ai déjà dit, ici, c’est douche obligatoire à poil et devant tout le monde, ptetre que montrer mon pti cul m’aidera à décrocher une mention. Who knows ?

Puis, le pic de la journée fût quand Sadik a enfin cuisiné son gâteau qu’il me promet depuis plusieurs jours. Un bon gros gâteau au chocolat qu’il a eu de la peine à retourner (ça nous est tous arrivé) puis encore un pti tour au Cosy. On commence à prendre nos habitudes ici.

Sur le chemin du retour, nous nous retrouvons de façon incongrue dans un embouteillage causé par… des maisons ! Je vous explique, nous longeons le bord du fjord lorsqu’on se retrouve confronté à un convoi plus qu’exceptionnel qui prend toute la largeur de la route. Deux grosses maisons sont transportées par des camions. Ne vous méprenez pas ! Il ne s’agit pas de mobile-homes mais de vraies maisons ! Quand on se promène dans les rues de Reykjavik vers deux heures du matin sous un ciel lumineux comme en plein jour et qu’on fait ce genre de rencontre iconoclaste, on se demande toujours si c’est parce qu’on est imbibé à la bière ou au brennivin qu’on a ce genre d’illumination. Non, c’est juste que dans ce pays de ouf’ , on a une probabilité de rencontrer l’improbable qui dépasse tous les records. C’est ça l’Islande.

 

 

6月23日

Sulfureux marins d'eau sulfureuse

Jour 11 : Il fait beau, nous partons sur la péninsule de Reykjanes toujours aussi belle. Ses champs de lave, ses montagnes colorées. Ses sternes arctiques qui vous attaquent violemment comme dans « Les Oiseaux » d’Hitchcock.

 

Je finis une fois encore par une baignade mais cette fois-ci dans le mythique Blue Lagoon près de Grindavik. Et qui est-ce que j’y retrouve là-bas ? Mes marins français lol. J’ai pu ainsi voir étaient tous leurs tatouages. Il y a même un sauna qui est construit dans une caverne de lave et qui n’est éclairé que par une petite lampe. Mmmh, des beaux mâles musclés et virils dégoulinant de sueur sur leur boxer moulant, juste mis en valeur par un petite lumière qui semblait caresser leurs tablettes de chocolat. Ah oui et puis, en Islande, je vous l’ai déjà assez répété, c’est douche obligatoire avant et après la baignade et ce sont des douches communes où il est bien précisé dans toutes les langues qu’il faut a-bso-lu-ment quitter sont maillot de bain quand on prend sa douche. AAAAAAAAAAH !  C’est dur de rester calme. Bon dans l’eau laiteuse turquoise du lagon c’est facile, l’eau n’est pas transparente on en voit rien à 1 centimètre de profondeur. Sous les douches et dans les vestiaires, c’est une autre affaire. A vous de tester

Ce soir, je suis encore sorti pour une nuit de débauche jusqu’à la fermeture des bars. J’ai retrouvé Sadik, Heiðar, William, Steeve, Damian, Juan, Isaac et les autres et j’ai fait connaissance avec Johanny qui comme son nom ne l’indique pas est cubano-islandais. Mmmh, sacré mélange !

Service militaire

Jour 10 : J’ai repris du service ! Aujourd’hui, réglage de problèmes administratifs, j’ai horreur de perdre ma journée pour ça, mais ma soirée fut loin d’être perdue, elle. En fin d’après-midi, je me dirige à l’Ambassade de France pour rendre visite à mes anciens collègues de travail de l’année dernière. La plupart sont encore là, ils sont contents de me voir. Mais ce soir, il y a un événement : un bateau scientifique de la marine française vient d’arriver au port de Reykjavik. Chiche ! Encore plein de marins français en uniforme ! Ce soir c’est cocktail. Et là, vous voyez déjà mes yeux briller, j’ai bien évidemment réussi à me taper l’incruste au cocktail privé avec les officiers.

 

Le problème c’est que ça commence dans 20 minutes et je n’ai rien à me mettre ! Je suis venu ici en vacances et je n’ai que des fringues pour faire du trek. La Première Conseillère de l’Ambassade m’a bien signifié de m’habiller correctement avec une veste de costard si possible. Les boules, c’est sûr que ça la fous mal si je me pointe avec mes godasses de rando Décathlon, mon baggy vert foncé, mon pull népalais et ma K-way triple épaisseur. Top chrono, j’ai 20 minute pour me trouver des sapes de soirée. Je rentre à l’hôtel, mon père ne peut rien pour moi, il n’a pas prévu de sortir en milieu posh alors il n’a rien à me passer. Je fonce au magasin de fringues de deuxième main en bas de la rue (une aubaine ce truc, heureusement qu’il est juste en bas). Ca ressemble à une friperie genre Guerrisol tenue par des hyppies habillée méga vintage. J’essaye alors toutes les vestes que je trouve qui ne sont pas trop moches, qui sont à ma taille et qui ne sont pas démodées. Autant chercher ses clés de bagnoles dans une soirée-mousse ou sa carte orange au Tango. Allez, je réussis après plusieurs essais à m’en dégoter une qui n’est pas trop mal. 5700 couronnes, aïe, ça fait mal, c’est le prix d’une veste neuve en France. Anyway, parce que je le vaux bien, je sors ma carte gold fatale. Grand sourire de la jeune demoiselle à la caisse vêtue d’un châle en macramé.

 

Vous me croyez tiré d’affaire ? Loin de là, la veste est toute froissée, je débarque à l’hôtel, demande à l’accueil une table et un fer à repasser. Le compte à rebours continue. Je monte dans la chambre, me fait beau, repasse la veste en speed et redescend pour m’installer à bord de ma Corolla 4 portes rouge métal. Je fonce dans les ptites rue de Reykjavik. Mais au fait, à quel port il est accosté ce p…. de bateau ? Merde, il va falloir que je fasse la tournée des ports (tant que c’est pas les porcs). Feu rouge, je vois passer Lilja, la jeune et jolie secrétaire de l’Ambassadeur dans sa Mitsubishi rouge. Je la suis, elle va bien me conduite à bon port. Bingo ! Je suis juste un peu en retard, mais juste assez, à la française quoi. Ce serait presque impoli d’arriver à l’heure de nos jours.

 

J’arrive donc là-bas, je monte sur la passerelle, et là se tiennent la première conseillère de l’Ambassade, le capitaine du bâtiment (en est-il justement ?), et Mme l’Ambassadeur qui ne me connaît pas encore vu que j’ai travaillé avec son prédécesseur. Ah oui, juste une précision pour les fans de Ferrero Rocher, les réceptions de l’Ambassadeur se font SANS Ferrero Rocher. Et on dit Son Excellence Madame l’Ambassadeur, c’est protocolaire, puisque Madame l’Ambassadrice c’est la femme de Monsieur l’Ambassadeur. Mais le mystère reste entier en ce qui concerne le mari de Madame l’Ambassadeur. Si quelqu’un a la réponse, qu’il me le fasse savoir.

 

 Bref, au moment où j’arrive pour le serrage de main protocolaire, la première conseillère me présente comme membre de l’Ambassade (alors que je ne le suis plus depuis un an, ndlr). Je vous raconte pas la tête de Madame l’Ambassadeur qui ne m’avait jamais vu de sa life. Elle s’est tapée l’hallu totale. Je lui serre la main cordialement et suis l’officier qui nous fait grimper jusqu’à la passerelle où se tient le coquetel (ah oui, ça aussi c’est protocolaire, dans la marine française « Coktail » s’écrit « Coquetel », un truc que même les québécois n’ont pas !). Pour se faire on prend des échelles bien raides et étroites et après un gymkhana bien sportif, j’arrive essoufflé à la petite sauterie. Bien entendu, petits fours de choix, vins de qualité et Champagne sont de la partie (cela va de soi) et sont servis par des moussaillons en uniforme sexy.

 

 Au début, je ne connais pas grand monde, j’ai du mal à me faire une place dans cette assemblée. Je remarque juste une blonde islandaise (d’une quarantaine d’années, qui scotche sur mes pompes et ne cesse de les mater en me faisant des sourires. La pauvre, elle devait tellement se faire chier que ça devait la faire marrer un pti djeunz’ qui débarque en Addidas blanches série limitée Louis Vuitton dans une réception guindée.  Puis je fais connaissance avec tous les officiers et discute plus longuement avec l’un d’entre eux (le chef de passerelle ou quelque chose comme ça) jusqu’à ce que Monsieur l’Ambassadeur d’Allemagne se joigne à notre conversation. Je me présente donc, et nous voilà partis dans des envolées lyriques sur les particularités de ce beau pays. Après un bon quart d’heure de cette conversation au demeurant intéressante, le capitaine vient nous voir pour inviter l’Ambassadeur d’Allemagne à un dîner encore plus privé que le coquetel, qui se tient dans le quartier général du capitaine, un pont en dessous. Comme ça faisait malpoli de n’inviter que l’Ambassadeur d’Allemagne alors que j’étais en train de parler avec lui, l’officier me dit que je peux très bien me joindre à ce ultra-private-kinderbal. Alors, je lance un « pourquoi pas » avec une spontanéité qui me surprend encore. Et là, j’entre alors là où le commun des mortels ne mets plus les pieds.

 

Donc, on nous conduit, l’Ambass et moi dans le salon privé du dessous, nous sommes les premiers, nous continuons notre conversation de haut niveau jusqu’à ce que les autres Ambassadeurs nous rejoignent (il y avait le russe, le canadien, un italien mais je ne pense pas que c’est l’Ambass car y’a pas d’Ambassade d’Italie ici, l’évêque catholique d’Islande, le chef des gardes-côtes islandais, bref que du beau monde). Entre alors Madame l’Ambassadeur de France qui était au bord de la syncope en me voyant encore une fois parmi les grands de ce monde. Elle a vraiment du se demander qui je pouvait bien être pour être toujours là où il faut. Bref, on se met tous à table et la soirée continue bon train. Frugale salade de riz pour moi car c’est plus simple pour discuter sans avoir la bouche pleine que de machouiller un pavé de rumsteack. C’est alors que je fais connaissance de la jolie blonde qui matait mes grolles peu de temps avant. C’est la femme du chef des gardes-côtes islandais et… la directrice de L’Oréal en Islande (s’il vous plait, ne m’envahissez pas de vos CV tout de suite). Et nous voilà partis dans une conversation sur la mode en général, le marché des cosmétiques et des parfums en Scandinavie et aux Etats-Unis et sur les marques tendances. Elle devait être contente d’avoir enfin quelqu’un  avec qui parler de hypitude. Elle parlait trop bien anglais pour moi, ce qui fait que parfois j’avais du mal à suivre ce qu’elle voulait dire mais elle est très sympathique. Je passe ensuite au bar où je papote avec les derniers officiers qui ne me connaissaient pas encore. Ambiance beaucoup plus décontractée, ici on desserre le string et limite on se tutoie après un énième verre de champagne. On parle alors de mexicains, d’australiens, de québécois, d’islandais, bref de nos expériences de bourlingueurs des mers. Puis discrètement, je m’éclipse après avoir passé une super soirée qui n’était absolument pas prévue une heure avant et qui m’a remis dans le bain de mon job l’année dernière et de la grosse réception de la marine française quand le navire école et porte-hélicoptère « Jeanne d’Arc » avait fait escale à Reykjavik avec plein de belles recrues.

 

Mais je ne vais pas finir ma soirée si vite, je sors dans un bar pour retrouver mes amis. Sur place, je fais connaissance de William et Steeve, deux New Yorkais extrêmement sympathiques et hypes (William est le directeur artistique de Matha Stewart, je ne suis pas parti sans sa carte de visite bien entendu et avoir parlé de mes projets), ainsi que d’un espagnol nommé  Juan (encore un !) et d’un islandais répondant au nom de Isaf. On a déconné jusqu’à la fermeture du bar.

 

Quand Steeve est allé au bar pour m’offrir un verre, il m’a demandé ce que je prenais. Je lui ai dit « Give me a Coke », il s’est marré car avec mon accent si frenchy ça a du sonner comme un « Give me a cock ». Il m’a alors demandé « A straight one ? », « Of course !) lui répondis-je. No comment.

Bouchons islandais

Jour 9 :

C’est la énième fois que je me fais le Cercle d’Or, à savoir les trois attractions les plus populaires d’Islande : les geysers de Geysir, la chute d’eau de Gullfoss, et le plaine parlementaire avec sa faille à Thingvellir. Mauvais temps toute la journée mais quelle fréquentation ! Les Islandais sont tous partis à la cambrousse camper et pique-niquer pour le long week-end de la fête nationale. Résultat : un embouteillage monstre à Mosfellsbaer, un village à quelques kilomètres de la banlieue reykjavikoise. Un bouchon en Islande ! mais cela ne se peux pas ! On ne voit que ça le vendredi et le samedi soir à 1h du mat’ à Laugavegur (la rue principale de la capitale). Et bien croyez-moi, se retrouver dans 10 kilomètres de bouchons en Islande est aussi rare que de voir Mireille Mathieu au Queen.

 

Cela ne m’a pas empêché d’aller voir mon ami Hrafnkell (prononcer Krapnkètl) et se raconter notre vie depuis le temps qu’on s’est pas vu.

 

Who is it ?

Jour 8 : Le périple nous mène vers la magnifique côte Sud qui nous accueille avec un grand soleil joyeux. Pour tous les fans de Björk qui ont vus son clip « Who is it ? ». J’ai retrouvé l’endroit où a été tourné ce clip complètement par hasard. Pour ceux qui ne voient pas à quoi je fais référence, il s’agit d’une grande plage de sable noir très plate (jusque là y’en partout en Islande) mais avec en plein milieu un rocher à la forme bien particulière qui vient faire un peu de relief. Cet endroit se trouve à Hjorleifshöfdi près de Vik i Myrdals. (voir photo).

 

Puis petit détour par Vik et ses trolls dans la mer et nous tentons de nous rendre à Dyrholaey voir les macareux. Et merde ! Ils sont encore en train de nicher donc ils ont fermé l’accès à la falaise. Ca fait 5 ans que je ne suis pas venu ici voir des macareux, l’année dernière ils n’étaient pas encore arrivés puis ensuite ils nichaient aussi. Heureusement que j’ai pu en voir à Latrarbjarg dans les fjords de l’Ouest !

 

M’enfin, puisque nous avons un 4x4 pourquoi ne pas grimper en haut du glacier Myrdalsjokull ? C’est parti pour 11 kilomètres de chemin de terre avec 12 à 16% de dénivelé. Et là c’est le drame, non seulement, notre brave Santa Fé a un peu de mal à suivre mais surtout nous croisons un bus de japonais qui redescend ! Panique à bord, on se met où nous pour laisser passer ce paquebot ?

 

Dernier temps fort de la journée, un bain apaisant dans un hot-pot (jacuzzi très chaud en extérieur) à 23 heures dans le jardin de l’hôtel devant le volcan Hekla (le plus actif d’Islande) éclairé par la lumière de l’été boréal.

Harris, c'est oui d'office !

Jour 7 : Nous quittons Höfn (prononcer Hhhheupn, ce qui veut tout simplement dire « port », pensez au Havre en France, ben ça vient de là). Et nous nous approchons au plus près de la glace puisque nous allons à la lisière des glaciers. C’est que… de la route ils paraissent tout proche alors qu’ils sont en réalité à 7-8 km de la route que nous empruntons. Alors il fait passer par des chemins de 4x4 et franchir quelques rivières glaciaires pour enfin les voir de près. On en fait deux comme ça et là on arrive au must : Jökulsárlón. C’est un large lagon peuplé d’Icebergs blancs, bleus ou noirs. C’ est saisissant. C’est la troisième fois que je viens dans cet endroit et c’est pourtant la première où je vois ce spectacle sous un soleil radieux.

 

Episode 1 : Monter dans un bateau pour faire un pti tour entre les glaçons. Il s’agit de gros véhicules amphibie qui paraissent tout neufs de l’extérieur. A l’intérieur, à la gauche de la cuisse du conducteur (mmmmh, j’en entend déjà certains, surtout que c’est un blond environ 23 ans, bien viking la machoire carrée.) on se rend compte que ces engins sont en fait des machines de guerre américaines qui ont étés rachetées et recyclées pour transporter des troupes…de touristes. Bref,  nous faisons la queue pour avoir la meilleure place, nous sommes les premiers dans la queue. Et là c’est le drame. Une guide s’approche avec son groupe de bœufs (je devrais dire beaufs’) et déclare, mon groupe passe d’abord en premier, ce bateau est en quelques sortes réservé pour nous,  alors s’il reste de la place, les autres pourront entrer. Le sang bouillant de mon père ne fit qu’un tour. Quoi ? Passer derrière des ptis employés de m… de chez AXA alors que je leur signe 500 contrats par an ? Sur la passerelle, le scandale ne fit que commencer. Grave erreur, d’autant plus que dans les pays scandinaves, ce genre d’esclandre ne se fait vraiment pas. Culturellement, chacun est au même niveau que son voisin. Donc le groupe de moutons de panurge a fait entendre son beuglement « beeeeeeeeeh, mais il n’est pas avec nous lui ! beeeeeeeeeeeh » (manquerai plus qu’ils viennent de Marseille et c’était la totale) . Je me suis alors fait discret du genre, je ne suis pas avec lui moi. Mon père finit alors par laisser passer les otaries en furie en leur promettant qu’une prochaine agence d’Axa allait bientôt sauter (et il en est vraiment capable) alors si vous bosser chez Axa, faites gaffe,  vous pourriez bien être licencié parce qu’une bande de babouins de votre entreprise se sont pris pour des grenouilles aussi grosses que des beaufs.

 

Episode 2 : Alors que nous naviguons parmi les blocs de glace millénaire avec 4 pingoins (je veux parler ici de 4 bonnes sœurs qui roulent en Subaru Impreza, elles n’ont peur de rien), c’est là que je remarque Harris. Harris, c’est notre petit guide pour notre croisière lagunaire. Il est petit, il est beau, il sent bon le sable chaud (je ne plaisante pas, il est bronzé comme BN au chocolat, j’en croquerai bien un morceau moi), il est piercé de partout (enfin chépa , j’ai pas vérifié, mais le nombre qu’il a sur le visage laisse présager le reste, ptet un sur le téton, mmmmmh miam). Enfin, il parle islandais, mais Harris ça fait pas très islandais et il est un peu trop bronzé, vu comment il parle anglais ça doit être sa langue maternelle, mais surtout il parle français avec un pti accent qui me fais fondre comme les icebergs qui nous entourent. Quoi de plus romantique ? Si, il porte une combinaison de sauveteur en mer alors que moi je me sens ridicule avec mon gilet de sauvetage orange fluo. Je me jette à l’eau ? et il viendra me sauver ? tututututut, l’eau est à 4°. Alors il nous fait son petit discours sur la glace qui nous entoure etc. avant de prendre un morceau de glace dans ses mains (quel homme !) pour en parler plus en détail. Ensuite il prend un pic à glace (rooooar basic instinct) et brise le morceau en une multitude de bouts qu’il nous offre à sucer. C’est un autre bout que j’aurais voulu sucer moi. Toujours est-il qu’il a bien capté mes œillades appuyées, mais que faire quand on est tous les deux seuls sur un bateau au milieu des icebergs avec… ses parents, quatre bonnes soeurs et un groupe de pintades d’Axa ? rien. Il avait bien senti que j’avais plus d’intérêts pour ses beaux yeux que pour les îles flottantes transparentes qui pour le coup me laissaient de glace. Parfois, il semblait ne s’adresser qu’à moi pour débiter son discours. Se sentant repéré, il a alors mis ses lunettes de soleil pour mieux me regarder dans le fond des yeux sans se faire trahir. le problème c’est que du coup, moi je ne vois plus ses beaux yeux et je ne sait même pas s’il me regarde, s’il me fait des clins d’œil ou s’il mire une mouette au loin. Bref, il passe parmi les rangs avec ses petits morceaux de glace qu’il venait de nous casser, et il finit par moi (le meilleur pour la fin, normal). Dans ses mains, gisaient encore quelques petits morceaux. Gourmande que je suis, j’en ai saisi le plus gros qui m’a évidemment glissé des doigts, oups ! ce n’était pas calculé ! j’ai alors eu de la peine à ressaisir le morceau, ne m’en déplaise, je lui effleurais la paume de la main et ses doigts si bronzés à mon plus grand plaisir. Ca a du lui donner des frissons, j’en suis sûr ! Et puis j’ai sucé avec une délectation non dissimulée le morceau qui tenait à peine dans ma bouche. Tiens donc, cela est étonnant. Bref, cela ne semble pas le perturber outre mesure. Il termine son laïus par un « si vous avez des questions , demandez-moi » dans un français plus chou qu’un St-Honoré de chez Fauchon. Oui moi j’ai une question ! Ton numéro de téléphone c’est quoi ? Non, ça la fout mal devant les bonnes sœurs. Tant pis. Nous nous quittâmes ainsi, snif. Mais tout n’est pas perdu, en sortant on nous donne un ticket de loterie pour gagner un tour gratuit (suivez mes pensées) sur lequel est inscrit l’adresse e-mail de la structure touristique au cas où on aurait besoin de renseignements. Et bien voilà ! J’ai des trucs à demander moi !  (à suivre)

 

 

Après cette rafaîchissante excursion, nous voici repartis à la conquête d’autres glaciers et chutes d’eau aux alentours du Parc national de Skaftafell. Puis enfin nous arrivons à notre destination finale à savoir : Kirkjubæjarklaustur (prononcez rapidement « Kérkyubinyarkleuilsteur »). Cette ville s’est autoproclamée la ville la plus ennuyeuse de toute l’Islande et… elle a bien raison. Il n’y a rien. Juste une rue avec un bar « Le café des bonnes sœurs » où les serveuses sont aussi aimables que des bénédictines en soutane et un petit supermarché fermé car c’est jour férié. Vive l’ambiance ! Car aujourd’hui c’est la fête nationale. On commémore l’indépendance du 1è juin 1944. A Reykjavik, c’est normalement la liesse populaire avec tout plein d’animations en tous genres, une foule rarement vue en Islande dans les rues de la capitale et des fanfares partout (bref, une super journée telle que je l’ai vécue l’année dernière). Ici… rien, quelques islandais en caravane faisant braiser une saucisse autour d’un barbecue. Allez, on va se rattraper et manger au restaurant de l’hôtel. Et là , ça se veut très snob et guindé. Dans une ambiance nordico-design, on vous propose une soupe à 30euros et un plat de poisson à 40 euros. Allez, c’est pas tous les jours qu’on va au restau alors soyons fous, prenons un plat de poisson, y’en aura bien assez dans l’assiette pour ce prix là ! que nenni ! Ici c’est nouvelle cuisine ! On te met deux morceaux ridiculement petits de saumon (alors que c’est justement hyper abordable en Islande le saumon) avec deux asperges en croix comme si elles se battaient en duel et trois grains de poivre vert histoire de faire un contraste de couleur avec le rose du poisson saumoné. J’en ai fait trois bouchées. Non mais ils ne se foutraient pas de notre gueule par hasard ? Allons calmer nos nerfs en faisant une promenade en cherchant la seule pseudo-attraction du hameau : une cascade qui a une forme particulière puisqu’il s’agit d’une petite chute d’eau qui coule de travers en deux cascades parallèles. On l’a cherché, on l’a trouvé, elle était asséchée. Là je me suis dit que peut-être l’Islande n’est qu’un vaste parc d’attractions et qu’ils coupent les robinets des chutes d’eau la nuit pour économiser sur la facture à la fin du mois. Tout devient alors limpide, j’ai alors compris que c’est aussi pour ça qu’ils ne peuvent pas se permettre de faire exploser un volcan tous les jours, ça leur coûterait trop cher de chauffer toute cette lave continuellement.

 

Chez Margret

Jour 6 : Au programme aujourd’hui, les fjords de l’Est. C’est la troisième fois que je viens dans cet endroit et pour ne pas déroger à la règle, il fait encore mauvais temps, donc on ne voit quasiment rien.

 

Le seul point d’intérêt de la journée est notre déjeuner chez Margret. Un charmant chalet situé sur le port de la route avec une belle vue sur Borgarfjordur. L’ambiance est super chaleureuse et la carte des menus met en appétit. Les assiettes étaient copieuses et surtout délicieuses pour un prix plus qu’abordable. Et puis on observe un peu le comportement des deux serveuses très sympathiques et le décor. On tend l’oreille et nous avons la confirmation que Margrét (en islandais) est en fait Margret (en allemand). Ce chalet semblait en effet tout droit sorti de Bavière. Allez-y !

Le robinet sauvage

Jour 5 : Nous restons dans la région de Myvatn pour aller voir le cratère de Viti sur le site de Krafla. Hier, nous n’avions pas pu le voir puisque les nuages étaient descendus sur les montagnes et que le visibilité était donc nulle. Nous avons plus de chance aujourd’hui même si le volcan est quand même caché sous une épaisse couche de brouillard. Qu’à cela ne tienne, on est quand même parti faire un tour du cratère sous le bruit assourdissant de l’usine géothermique voisine.

Puis nous partons plus au nord encore, après avoir traversé Husavik (la capitale du whale watching) nous arrivons à Asbyrgi. Un endroit très étrange. Il s’agit d’une fôret complètement encerclée par de hautes falaises régulière en forme de fer à cheval.

Dans cette forêt justement, nous nous promenons jusqu’à ce qu’un panneau indicateur nous propose deux alternatives : à droite, un petit lac appelé « l’étang du cul » (pour sa position en cul de sac de la falaise) et un beau point de vue sur le site, à gauche, un robinet. Sur ce, touristes français que nous sommes avides de nouvelles découvertes naturelles et/ou culturelles, nous optons pour le robinet. Nous suivons alors le chemin étroit dans la forêt et au bout de quelques minutes de marche, nous tombons nez à nez avec… un robinet. Alors là, faudra qu’on m’explique ce que viens foutre un robinet en laiton en plein milieu de nulle part au pied d’une falaise en pleine forêt. Peut-être est-ce la fontaine de jouvence ? Un petit panneau nous indique que l’eau du robinet n’est pas potable. Quel intérêt ? deuxième mystère. Le pire est que cette zone est totalement inhabitée et que le robinet est annoncé plusieurs centaines de mètres avant. Donc si quelqu’un a une explication… car pour moi c’est la chose la plus étrange que j’ai rencontré par ici. Et puis bien évidemment, nous sommes allés voir les autres attractions touristique du parc qui valaient beaucoup la peine qu’un robinet qui doit êter sans doute le robinet le plus paumé du monde entier.

 

Après un détour par Dettifoss, la chute d'eau la plus puissante d'Europe,  nous arrivons le soir à Egilsstadir, petit village de 1200 habitants. Là, je retrouve pour la soirée mes amis Flosi et Peter. Mes parents étonnés « Tu connais quelqu’un dans ce bled paumé ? » ben oui, je connais plein de monde moi ! hehehe. Nous avons fait le tour du village et passé une soirée de folie.

Sur une autre planete

Jour 4 :  Nous partons d’Akureyri sous un soleil magnifique. Dans les rues de la capitale du Nord, il a beau faire grand soleil, le vent nous congèle les os. Mais cela ne décourage pas une troupe d’une quinzaine de jeunes vikings âgés de 15 à 17 ans de se balader torse nu dans les rues de la ville avant de trouver refuge sur un versant de la côte sur laquelle se trouve la cathédrale pour faire bronzette.

 

Sur le chemin nous menant à Myvatn, nous nous arrêtons à la toujours aussi belle chute d’eau de Godafoss (la chute des dieux) et nous faisons une halte aux marmites du diable de Namaskard. Enfin, une promenade dans les châteaux de lave de Dimmuborgir achèvera notre journée avant un bain régénérateur au Blue Lagoon de Reykjahlid. C’est un centre thermal comme celui près de Reykjavik qui vient tout juste d’ouvrir. C’est toujours aussi marrant de se baigner dans de l’eau laiteuse bleue à côté d’un geyser au beau milieu d’un champ de lave. En plus, on a une superbe vue et la route qui mène à ce nouveau « must » de l’Islande est construite sur une zone encore fumante. La vapeur sort du goudron, on est sur une autre planète !

 

 

Je lui ai pissé dans la gorge

Jour 3 : Me voilà parti pour le grand nord ! Méteo alternant entre maussade est beau soleil. Nous faisons le tour de toutes le péninsules et fjords du nord. De belles formations basaltiques, des fossiles et des rochers au formes étranges jalonnent notre parcours. Nous arrivons ensuite à Kolagjulfur, autrement dit la gorge de Kola. Kola est une femme troll qui aurait créé de ses propres mains ces gorges de 60 mètres de haut où l’eau se déverse en plusieurs cascades.  Une cascade de plus s’est alors ajoutée cette après-midi là lorsqu’une grosse envie d’uriner m’a pris avec le froid et que j’y fasse mon besoin naturel.

Notre premier gué

Jour 2 : Jour plutôt ennuyeux car  nous empruntons les routes de l’Ouest qui ne sont pas très intéressantes. Puis nous nous dirigeons vers les fjords de l’ouest pour nous rendre compte qu’on n’aura pas le temps de tout voir, et surtout de voir ce qui est intéressant. Finalement, plutôt que de faire demi-tour, nous décidons de couper les fjords par une piste de 4x4. Et là les islandais ne plaisantent pas quand ils disent que la route n’est accessible qu’aux 4 roues motrices : montées bien raides et glissantes  et gués à traverser sont au programme. Ma mère, n’ayant jamais conduit de 4x4 se lance dans l’aventure et mène avec succès notre brave Santa Fé à travers les obstacles. A au moins il y avait de l’action ! Du stress, du suspense, des rires, de grosses frayeurs … bref des émotions ! Finalement ma mère veut garder son 4x4 Hyundai pour grimper les trottoirs du 16ème.  Enfin nous arrivons à notre guesthouse à Staður : comment les premiers islandais ont pu s’installer dans un endroit si inintéressant ? Le village est composé de la guesthouse et d’une station service ne servant que des hamburgers frites bien gras. Ce n’est même pas un carrefour entre plusieurs routes, il n’y a même pas une ferme, ni une chute d’eau. Bref, rien à se mettre sous la dent. Non, vraiment, je ne comprends pas ce que les habitants sont venus foutre dans ce coin paumé. Quand, je comprends enfin la signification du nom de la ville : Staður, ce qui veut dire en islandais : endroit. Ce fait bien avancer le schmilblick.

Ca s'en va et ca revient...

Jour 1 : Et me voilà revenu à la maison ! A la maison pour moi c’est en Islande. J’atterris avec mes parents dans le désert de lave de la péninsule de Reykjanes. Chaque année, je peux constater les évolutions des travaux dans le pays. Parce que les islandais sont travailleurs ! On peut se balader à 23 heures et voir que les ouvriers sont toujours à l’œuvre sur leurs engins de constructions. On est loin des 35 heures ici. Faut dire que grâce au soleil 24h/24 on ne compte plus les heures de travail. Alors je disais donc que chaque année, l’aéroport s’agrandit. Ce qui n’est toujours pas suffisant puisque l’avion ne s’est pas arrêté au bord d’une passerelle puisqu’elles étaient déjà toutes occupées par des avions d’Icelandair. Nous avons donc du descendre sur le tarmac et marcher jusqu’au terminal. Après avoir attendu trois plombes nos bagages, nous voilà dans le flybus et nous prenons la nouvelle autoroute (la seule en Islande) qui rejoint l’aéroport international de Keflavik jusqu'à Reykjavik (50 Km). Ils ont construit une autoroute en un an ! Waw, faudrait en parler à Bouygues. Ensuite, dans la capitale c’est le même constat, de nouveaux quartiers sont apparus, de nouveaux boulevards et de nouvelles infrastructures. Vous ai-je déjà dit que les grands axes de la capitale sont chauffés par en dessous pour ne pas qu’elles gèlent en hiver ? (Futés !). Et puis, tout a changé comme chaque année, les bars à la mode l’an passé ont disparus, d’autres ont pris le relais, les boutiques de fringues ont changés d’adresse, les librairies fleurissent par-ci par-là. En se promenant et faisant visiter les rues à mes parents, déjà j’ai pu mesurer ma cote de popularité ici. Au bout de trois minutes, déjà une voiture me klaxonne abondamment jusqu’à ce que ma mère me signifie que le mec dans la voiture m’appelle. C’est le directeur de l’alliance française qui m’a reconnu ! Ca fait du bien, on se sent vraiment chez soi. Il m’indique quelques restaus mais de toutes façons ils sont tous trop chers.  Ce qui n’a pas changé par contre, ce sont mes amis qui sont toujours là et égaux à eux-mêmes. Je n’ai donc pas perdus de temps pour retrouver mon ami Sadik, un turc rencontré l’année dernière, qui a eu son permis entre temps et s’est acheté une Yaris toute bleue et qui tout fier m’emmène faire le passe temps favoris des islandais le week-end, à savoir faire la tournée des bars après avoir déambulé pendant quelques heures dans la rue du centre ville en voiture juste pour la frime. Et puis il m’emmène chez un ami à lui dont il pense que je ne connais pas. Alors, nous sonnons, son ami nous ouvre la porte et moi machinalement, je me présente : « Hi, I am DOM……  but I know you ! ». Sous les yeux médusés de Sadik, Gabriel et moi nous nous retrouvions, le monde est petit. Tout le monde connaît tout le monde ici. Ce grand moment restera le leitmotiv de la soirée et nous voilà partis de bars en bars avant de voir se coucher le soleil sur la presqu’île de Seltjajarnes.